Compléments sur les djinns

Publié le 01 janvier 2002 à 02h39




Les raisons pour lesquelles les djinns pénètrent dans le corps humain

L'Imam Ibn Taymiya donne plusieurs raisons qui pourraient justifier l'infiltration d'un djinn dans le corps humain. Selon lui, les djinns peuvent y entrer s'ils éprouvent un amour passionnel pour l'être humain. Il ajoute que dans ce cas, qu'il est même possible que le djinn et l'être humain aient des relations sexuelles et donnent naissance à des enfants.
L'Imam ajoute que les djinns peuvent aussi se venger si l'être humain leur a causé un quelconque tort comme le fait de leur jeter de l'eau chaude, de leur uriner dessus ou de tuer l'un d'entre eux que ce soit volontaire ou pas. Or, les djinns étant ignorants et injustes, ils se vengent généralement plus que nécessaire.
Mais il peut arriver que les djinns, par simple injustice, s'attaquent gratuitement à un être humain et entrent en lui. Mais l'expérience nous montre que ce cas ne peut avoir lieu que lorsque l'homme se trouve dans certains états précis : 
1. dans un état de violente colère
2. dans un état de forte peur
3. lorsqu'il s'adonne à la convoitise
4. lorsqu'il est dans un état de grande distraction et d'inattention

Comment y pénètrent-ils ? Où se placent-ils préférentiellement ?

Le djinn est un vent et le corps humain du fait de sa constitution permet au djinn de s'y installer. La preuve que le djinn est un vent est affirmée par le verset suivant : « et Il a créé les djinns de la flamme d'un feu sans fumée » (Sourate 55 verset 15). Ibn 'Abbas dit que les djinns ont été créés à partir de l'extrémité de la flamme c'est à dire du souffle chaud qui s'en échappe. Lorsque le djinn est entré dans le corps, il se dirige préférentiellement vers le cerveau afin qu'il puisse commander chaque membre de « son hôte. »

Les différents types de « toucher »

1. Le toucher total : le djinn a pris possession de la totalité du corps. Il dirige totalement le malade et peut même parler par sa bouche. Dans ce cas, le malade que l'on frappe est totalement insensible à la douleur.
2. Le toucher ponctuel: le djinn est placé dans une partie seulement du corps comme le bras, la jambe... (on ressent une douleur persistante)
3. Le toucher permanent : le djinn est dans le corps de l'individu sans se manifester. (on ne le sent pas du tout malgré sa présence)
4. Le toucher extérieur : le djinn est à l'extérieur du corps et cherche à y pénétrer. (vent, chatouillements...)
 

La réalité du sar'

Qu'est-ce que le sar' ?

Le sar' est une expression pour désigner les perturbations qui atteignent l'être humain dans son état mental à tel point que celui-ci devient incapable de raisonner ou de suivre une discussion simple. Il a généralement le regard hagard. Ce dérangement mental s'accompagne de dysfonctionnements moteurs. En effet, il éprouve le besoin tout le temps de bouger, il ne peut rester à une place précise. On pourrait définir le sar' comme étant une perturbation de l'individu dans ses gestes, ses propos et son raisonnement.

Des preuves issues du Coran

Allah dit dans le Coran : « Ceux qui mangent de l'intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. » (Sourate 2 verset 275)
Il apparaît à la lecture de ce verset que les usuriers se lèveront de leur tombe, le jour du jugement, comme celui que le diable a violemment frappé. L'Imam Ibn Kathir explique le terme « le toucher » comme voulant dire « la folie » autrement dit, ceux qui mangent de l'intérêt usuraire se lèveront au jour du jugement comme ceux que Satan a rendu fou dans ce monde. On peut rappeler que dans la langue arabe, l'expression « l'homme a été touché » signifie « l'homme est possédé ».

Des preuves issues de la Sunna

Les preuves issues de la Sunna sont aussi nombreuses. On pourrait se contenter de rappeler le récit rapporté par At-Tabarani.  Un enfant touché par un djinn fut amené au Prophète pour qu'il invoque Allah en sa faveur. Le Prophète demanda à voir l'enfant. Il prit alors l'enfant et frappa son dos de sa main en disant : « Sors ennemi de Dieu, sors ennemi de Dieu. » Le visage de l'enfant retrouva alors son aspect initial.
Nous pouvons tirer plusieurs enseignements de ce hadith :
· le diable peut atteindre l'homme au point de le rendre fou, possédé.
· Ce type de possession peut se soigner par les coups.
· On a la preuve que le diable peut effectivement entrer dans le corps de l'enfant. En effet, le Prophète dit : « Sors, ennemi de Dieu » ; or, il ne peut y avoir de sortie s'il n'y a pas eu d'entrée au préalable.
· Plus la foi du soignant est élevée, plus la guérison est rapide. Le djinn prit peur sans même que le Prophète n'ait eu besoin de lire le Coran.

Un exemple de discussion entre un Imam et un djinn durant un traitement

Voici un exemple de discussion qui eut lieu entre un imam et un djinn durant un traitement : 

L'Imam : Un homme vint me voir un jour en me faisant savoir que son père était touché par un djinn. Je lui ai demandé comment il pouvait le savoir.
Le jeune homme : Lorsque mon père a assisté au sermon du vendredi, il fut pris de violentes convulsions dans la mosquée. Ces convulsions ne cessèrent qu'à la fin du discours de l'Imam. Il est aussi dans cet état lorsqu'il prie et chaque nuit du lundi au point où il ne laisse personne entrer dans sa chambre, même sa femme. Il dort alors seul dans l'obscurité.
L'Imam : Je me rendis chez le malade accompagné de trois amis, nous le trouvâmes assis. Il avait tout son esprit. Il devait être âgé d'environ 45 ans. Je lui ai alors demandé son prénom.
L'homme : Mahmoud 
L'Imam : Qu'as-tu ?
Mahmoud : Je crois qu'un djinn femelle se trouve en moi.
L'Imam : Veux-tu la faire sortir ?
Mahmoud : Oui, car elle m'a épuisé et il s'en fallut de peu pour qu'elle me sépare de ma femme.
L'Imam : Vas-faire tes ablutions ! Je fis aussi les ablutions ainsi que ceux qui étaient avec moi. Puis j'ai demandé à un des mes amis de lire sur le malade. Avant même qu'il ne termine, le malade fut pris de tressaillements. J'ai alors compris que le djinn s'était manifesté. Je dis alors : « Au Nom d'Allah, qui es-tu ? »
Une voix retentit alors,
La voix : Je suis un djinn femelle.
L'Imam : Quel est ton nom ?
Le djinn : Satifriyous (ou quelque chose de ressemblant)
L'Imam : Quelle est ta religion ?
Après cette question, le djinn resta muet.
L'Imam : Tu es musulmane ?
Le djinn : Non
L'Imam : Chrétienne ?
Le djinn : Non
L'Imam : mécréante ?
Le djinn : Oui, je n'ai pas de religion.
L'Imam : Où habites-tu ?
Le djinn : Moi, je fais partie des djinns plongeurs qui habitent dans l'eau. Et, moi, je vis dans la mer Rouge.
L'Imam : Pourquoi es-tu entrée dans le corps de Mahmoud ?
Le djinn : Pour me venger de lui.
L'Imam : Qu'as-t-il donc fait ?
Le djinn : Il a causé du tort à un djinn. Il l'a frappé violemment au point de lui faire très mal.  Mahmoud est un homme ignorant. Il ne sait pas se protéger de nous, les djinns. Je me suis donc approchée de lui une certaine nuit alors qu'il marchait seul et je suis entrée en lui.
L'Imam : Depuis combien de temps es-tu avec lui ?
Le djinn : Depuis 20 ans à peu près.
L'Imam lui a alors proposé l'Islam pour religion.
Le djinn : Laisse moi réfléchir.
L'Imam : Combien de temps ?
Le djinn : 3 jours.
L'Imam : Non, on ne pourra pas t'accorder plus de 10 secondes.
Après 10 secondes...
Le djinn : D'accord, j'accepte l'Islam à condition de rester avec Mahmoud sinon je n'en sortirai pas.
L'Imam : Ça, c'est un autre problème. Si tu acceptes l'Islam alors tu te préserveras de l'enfer et tu mériteras le paradis.
Le djinn : D'accord, j'accepte.
 Le djinn prononça alors l'attestation de foi, exprima son repentir et se donna le nom musulman de Umm Ibrahim.
L'Imam : Afin que ton repentir soit agréé, tu dois cesser ton injustice.
Le djinn : Quelle injustice ?
L'Imam : Ta présence dans le corps de cet homme est une injustice. Il faut que tu sortes.
Le djinn : Je ne sortirai pas pour deux raisons : la première, c'est que je l'aime à la folie. Mais je ne dors avec lui qu'une seule nuit, celle du lundi, je le laisse à sa femme les autres jours.
L'Imam : Est-ce que tu lui apparais sous l'apparence de sa femme ?
Le djinn : Non
L'Imam : Dans ce cas, comment votre relation allait-elle à son terme ?
Le djinn : Il me voit dans ses rêves sous forme d'une jolie femme et il se lève le matin, et se rend compte qu'il a éjaculé (suite au rêve érotique). Quant à moi, j'éprouve énormément de plaisir. Je ressens toutes les sensations.
L'Imam : Ça c'est la première raison et la suivante ?
 Le djinn explique que si ses enfants mécréants sont au courant de sa conversion à l'Islam, ils risquent de la tuer
L'Imam : Ta première raison est nulle car il (Mahmoud) ne t'aime pas et il ne veut pas se marier avec toi. Il m'avait même dit qu'il souhaitait que tu sortes.
 Ensuite, l'Imam lui explique qu'elle peut aller vivre ailleurs ; là où elle pourra adorer Dieu sans craindre pour sa vie.
Le djinn : Je vais sortir, donne moi 3 secondes.
 Mahmoud sortit de son état de convulsions, s'asseya et dit : « Mes frères, ça y elle est sortie »
L'Imam leur dit qu'il la voyait dans ses yeux, il posa sa main sur ses genoux et s'assura qu'elle n'était en fait pas encore sortie. Il demanda à l'un de ses amis de lire une seconde fois. A peine avait-il terminé sa lecture que le djinn se manifesta à nouveau.
L'Imam : C'est ainsi Umm Ibrahim !
Le djinn : Crois moi ! Je l'aime énormément. J'ai vécu en sa compagnie 20 ans durant et je ne veux pas en sortir.
L'Imam explique au djinn qu'il lui récitera du Coran afin qu'elle brûle et qu'il la frappera si elle ne se résilie pas à sortir.
Le djinn : Non, je sors.

Après 2 ou 3 secondes, on l'entendit gémir « Ô Mahmoud ! Ô Mahmoud ! » puis elle sortit par la Grâce d'Allah.





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